28/04/2019
2ème dimanche de Paques — Année C
Paroisse Francophone de Dublin, homélie du Père Richard SHEEHY
« Tant que la douleur existe, tant que la souffrance est là, nous resterons. » c’est la devise de l’association caritative Irlandaise (https://www.trocaire.org/about)
Une grande partie de la campagne du Brexit, des politiques anti-immigration de plusieurs pays de l’occident et de la croissance des mouvements politiques d’extrême droite, est basée sur la peur de l’autre, de l’inconnu, de l’avenir…
Les attaques terroristes dans les églises et les hôtels du Sri-Lanka le Dimanche de Pâques avaient pour but : Installer la peur parmi la population, la peur de se rassembler pour n’importe quelle raison.
Elles cherchaient aussi à provoquer l’hostilité entre les chrétiens et les musulmans dans un pays ou auparavant il existait une tolérance réciproque.
En ce premier Dimanche de Pâques, les disciples de Jésus semblent être paralysés par la peur.
Les portes fermées en sont un symbole. Malgré l’apparence du Christ ressuscité quand les disciples se réunissent 8 jours plus tard, les portes restent fermées. La foi pascale vient lentement et progressivement. Bien que les disciples soient ‘remplis de joie’ en voyant le Seigneur, Thomas qui n’était pas là, n’est pas convaincu.
Il a besoin de rencontrer le Christ ressuscité lui-même « si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous… je ne croirai pas ».
En général, ce qui nous amène à la foi pascale, au moins au début, c’est en voyant son effet dans le visage ou dans la vie des autres, surtout nos parents et grand parents. Nous voyons comment une telle personne est transformée de joie et d’espérance, et nous voulons y participer. C’est à partir de là que nous nous ouvrons au mystère du Christ ressuscité présent et actif dans notre propre vie.
Comme pour Thomas, les portes de notre esprit et de notre cœur peuvent être fermées au mystère de la foi de Pâques. On peut la regarder comme un vœu pieu ou une « fake news » inventée par les disciples de Jésus. Ce que le « douteur » ne peut pas expliquer cependant, c’est la transformation d’un groupe d’hommes déçus, pleins de honte et de crainte, en une communauté d’apôtres courageux, qui partent en mission envers les autres et qui donnent leurs vies dans le service du Bon Pasteur. Comment l’expliquer sans l’intervention de l’Esprit Saint, l’Esprit du Christ crucifié et ressuscité ?
L’amour et le pardon sont les clés qui ouvrent la porte fermée par la peur. À la suite de l’assassinat de la journaliste Lyra McKee à Derry il y a une semaine, le refus de la population de l’Irlande du Nord d’être intimidée par des dissidents, de se taire, est signe d’espérance dans la résurrection.
Il sert aussi à avertir les politiciens des deux côtés de ne pas laisser un vide politique que d’autres puissent remplir de haine !
Le livre des actes des apôtres d’où est tirée la première lecture aujourd’hui, transmet l’activité dynamique de l’Église primitive guidée par l’Esprit Saint. Il nous raconte : « on allait jusqu’à sortir les malades sur les places, en les mettant sur des civières et des brancards : ainsi au passage de Pierre, son ombre couvrait l’un ou l’autre’ ! Voici Pierre transformé du mystère du Christ ressuscité. Il n’est plus le disciple dans la maison avec les portes fermées, plein de crainte et de peur, mais l’apôtre courageux, missionnaire dont le passage sert comme bénédiction pour d’autres.
Pendant la semaine sainte, j’ai vu une émission à la télévision, sur un groupe de personnalités du sport ou des medias qui avaient entrepris un pèlerinage à Rome, à pieds pendant plusieurs semaines. L’un d’eux était athée, d’autres avaient des problèmes au niveau de la foi ou de l’Église actuelle, une autre était Juive, et encore une autre était musulmane.
Le long de leur chemin ils partagent leurs points de vue variés. En arrivant à Rome on les surprend avec une invitation à une audience privée avec le Pape. Le pape François les reçoit avec un tel respect et répond à leurs questions avec compassion et sincérité ; c’est comme si l’ombre de Pierre les couvrait.
Pierre avait le courage de faire face à ses propres zones d’ombres ; les ombres de honte, d’arrogance, pour qu’il arrive à l’humilité et devienne signe de l’espérance et de la vie pour d’autres.
Que notre foi en Jésus Christ ressuscité devienne plus forte et plus visible dans notre vie, pour que dans nos rencontres et engagements avec d’autres, l’ombre de Pierre les couvre.
L’évêque Pierre Claverie, qui lui avait choisi de vivre son ministère auprès des musulmans en Algérie, cite Bernard Rey en écrivant : « Par Jésus, l’espace où Dieu est rencontré est l’espace ouvert à celui qui se trouve sur mon chemin et qui a besoin de moi ! » (Bernard Rey, Nous prêchons un Messie crucifie, Paris, Editions du Cerf, P 26 cite dans Un Amour Plus Fort que la Mort de Pierre Claverie)
Exemple : « Lumière et Vie : « La Résurrection, avenir du Crucifié » » par Bernard Rey
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